Comment monter son projet ? Comment se former, se faire accompagner ? Comment financer son projet ?

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Comment monter son projet ? Comment se former, se faire accompagner ? Comment financer son projet ?

Message  FAPPAH le Ven 17 Fév 2012 - 17:57




1. Clarifier ses envies

Le nombre croissant d’initiatives en faveur du patrimoine rural ne doit pas cacher les réalités parfois éloignées des rêves de départ et les difficultés effectives sur le terrain. Il est donc impératif de se fixer des objectifs de départ, de clairement les identifier, de les évaluer et de dégager des priorités pour ne pas se tromper…

2. Diagnostiquer son environnement

L’état des lieux de son environnement (de ce qui entoure la création du projet) permet d’analyser son territoire, le patrimoine et de connaître le paysage des acteurs au niveau national ou local, et les actions déjà existantes. Faire un diagnostic du territoire permet ainsi d’adapter son projet pour qu’il se situe dans un environnement favorable à sa création.

3. Formaliser un premier projet
Une fois les objectifs clarifiés et les notions sur le patrimoine rural acquises il est utile de confronter le projet imaginé avec le projet qu’il est possible de réaliser (en fonction des moyens financiers, humains, des délais...). Mais pour cela, les contours d’un premier projet doivent être définis.

4. Trouver des partenaires et créer son réseau
Le réseau tissé avec les professionnels locaux et les habitants est un atout indéniable pour un projet et son avenir (vecteurs de communication et porteurs d'un avis). La présence de projets n’est donc pas à considérer de manière négative, car en plus, la concentration de projets (si elle n’est pas excessive) peut se révéler bénéfique pour l’attractivité du territoire.

Agir de manière collective peut aussi être un moyen de pallier ses propres manques. S’adjoindre les services d’une personne compétente peut être ainsi un gain dans le sérieux de l’activité mais aussi un gain de temps pour permettre la réalisation d’autres activités.

5. Elaborer un budget prévisionnel
« L’argent, c’est le nerf de la guerre ». Tout ce qui y a trait est donc important. Et le budget prévisionnel est l’élément du dossier par lequel les interlocuteurs jugeront du sérieux, de la motivation et de la rigueur de la démarche.

6. Planifier son action
Maintenant que la dimension et le contenu du projet sont à peu près clarifiés, une « feuille de route » est nécessaire pour organiser, dans le temps, les moyens, les activités et les tâches à mettre en place pour aboutir à la réalisation du projet. Le plan d'action est ainsi le tableau de bord du projet : il est bâti sur mesure, par étape, en fonction de ses objectifs, de ses moyens d'action et de ses contraintes.

7. Réaliser son projet
Et maintenant, la pratique ! Plusieurs aspects sont à cibler : juridiques, financiers, les partenariats. Il s'agit aussi d'ores et déjà d'anticiper sur les évolutions du projet et de son environnement.

8. Communiquer
Un projet créé pour les seuls créateurs n’est pas un projet viable : il est nécessaire d’élargir le cercle des personnes qui connaissent le projet pour le rendre viable. Et à l’inverse, un projet connu mais qui n’a pas de contenu n’est pas viable non plus : les personnes viennent une seule fois. Savoir-faire et faire savoir sont donc indissociables.

9. Evaluer, suivre et rendre compte
Pourquoi les objectifs ont été ou non atteints ? Qu’est-ce qui a conduit à ces résultats ? Qu’est-ce qui aurait pu être évité ? Le premier péché de jeunesse dans le montage de projet est souvent de ne voir QUE la conception et la réalisation du projet. L’évaluation du projet est ainsi régulièrement mise de côté. Pourtant, elle :
- rend compte des forces et des faiblesses du projet, des personnes impliquées dans ce projet ;
- permet de se remettre en cause et d’enrichir le projet : comprendre les erreurs, trouver les solutions, identifier les points clés du projet.

10. Et après ?
Deux cas de figure se présentent à cette étape :
- le projet n’est pas à la hauteur des attentes du porteur de projet, ou
- le projet est une réussite selon les critères du porteur de projet.
S'en suivent des décisions de réorientation ou bien de renforcement des actions.



Comment se former, se faire accompagner ?
Des pistes à explorer


> La formation
Quelques acteurs s’organisent pour transmettre un savoir-faire indispensable à la conservation, à la restauration et à la préservation du patrimoine en milieu rural.
> Les chantiers
Les chantiers sont une autre possibilité de se former aux techniques de protection, conservation, ou restauration du patrimoine. Ils sont très liés au patrimoine mais ils permettent aussi dans le même temps une insertion professionnelle, voire sociale.
> L’accompagnement
La fonction de l’accompagnement n’est pas de donner des réponses au porteur de projet mais de l’aider à réfléchir à trouver ces réponses.
> L’accompagnement en pratique

Attention dans le choix de la structure d’accompagnement. Ces structures ne couvrent pas toutes l'ensemble des étapes du montage de projet. De plus, elles sont inégales dans leurs pratiques : l’expérience dans le secteur du projet et le lien au territoire sont deux points sur lesquels il convient d’être attentif.

> Des dispositifs d’accompagnement
Dispositif local d'accompagnement (DLA), Cap'actif... De nombreux dispositifs d'accompagnement existent : au niveau local ou national, thématique, etc. chacun avec leurs spécificités.
> Des « réseaux » et « fédérations »
Les réseaux et les fédérations sont susceptibles de donner des pistes pour les montages de projets et de les appuyer grâce à leur expérience, la mutualisation de leurs compétences et grâce à un carnet d’adresses fourni sur tout le territoire national.
> Les cabinets de consultants
Le montage de projet dans le patrimoine rural peut demander une certaine expertise, que ce soit dans l’étude de faisabilité, dans le montage du projet, ou dans la recherche de financement. Faire appel à un cabinet d’étude peut être une solution. Attention toutefois au choix du cabinet : leur nombre est très élevé et tous ne produisent pas la même qualité de travail.
> Les coopératives d’activité et d’emploi (CAE)
Une Coopérative d'activités et d'emploi (CAE) est une Société coopérative de production (SCOP) qui propose une alternative à la création d'entreprise classique : l'idée est de créer son emploi salarié au sein d'une entreprise partagée avec d'autres entrepreneurs.

Mais aussi les aides à l’emploi
Travailler par le patrimoine peut nécessiter une aide quant au salariat des personnes. Le patrimoine peut en effet être un bon support pour l’insertion de personnes en difficulté. Les contrats aidés sont alors une possibilité temporaire de combiner : action de professionnalisation ou accompagnement, aide à l’employeur, et travail en entreprise, association ou collectivité territoriale.

Comment financer son projet ?
Des pistes pour financer son projet


> Les financements publics
La baisse générale des financements de l’Etat à l’attention des associations est une réalité. Il est donc désormais nécessaire de repenser les sources de ses financements et de trouver des financements "de proximité", et ainsi de se rapprocher des collectivités locales. La décentralisation des compétences de l’Etat vers les collectivités locales et la territorialisation des politiques européennes, rendent en effet ces collectivités les premiers interlocuteurs pour le financement d’un projet en milieu rural.
> Les financements publics-privés
Les financements publics-privés peuvent être des alternatives à des financements classiques. Les structures qui les proposent accompagnent également dans la démarche de montage de projet. La Caisse des Dépôts et Consignations et le Fonds France Active sont deux exemples de financement qui allient apport public et privé.
> Les fondations
Leur nombre est de plus en plus important rendant leur champ d'action et de financement très vaste.
> Les finances solidaires
Généralement, les projets liés à ce type de financement sont de dimension humaine, porteurs d'intérêt général, rencontrent des difficultés pour trouver des financements dans le secteur classique et viables financièrement.
> Le parrainage, le mécénat et le don
Le mécénat et le parrainage sont deux autres formes de soutien financier aux actions patrimoniales :
- Le parrainage (ou "sponsoring") est une opération de publicité
- Le mécénat est un acte "gratuit" sans aucune contrepartie
> Les dispositifs fiscaux
L’évolution de la fiscalité (les réductions, exonérations ou incitations) peut être une aide importante pour la réalisation d’un projet et plus particulièrement en ce qui concerne les propriétés bâties et non bâties, les objets de collection et œuvres d’art, les entreprises ou fondations qui font des dons et legs aux associations…
> Les labels
Tous ne donnent pas lieu à des financements, mais ils garantissent a minima une reconnaissance à une échelle locale voire nationale. Cette reconnaissance peut par la suite faciliter l’obtention de prêts et aussi être génératrice de retombées, directes ou indirectes, réelles, notamment liées à la fréquentation touristique.
> Les concours et les prix
Les concours et les prix peuvent compléter un projet financier de manière plus aisée pour les associations : constituer un dossier de candidature pour ces concours est en effet plus facile que rédiger un dossier de demande de subvention. Par contre, les délais pour obtenir les gains peuvent être assez longs.

>>> Pour en savoir plus et commander l'ouvrage Comment financer son association
Panorama, stratégie et méthode Christophe Drot (Auteur) Paru en mars 2005 Etude (broché)
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Le projet des associations prime sur les moyens et la culture associative a toujours été suspicieuse sur les affaires de l'argent ou l'optimisation de ses méthodes. Son principe non-lucratif et sa fondation sur l'engagement bénévole encroûtent durablement l'association dans sa quête des ressources. Pourtant, sans ressources pas d'énergie pour agir et se développer. Aujourd'hui, dirigeants et partenaires d'associations prennent davantage conscience de la nécessité de maîtriser une large palette de ressources et de les combiner astucieusement pour survivre et évoluer dans un monde non-lucratif très concurrentiel. Les ressources financières sont moins vécues comme un tabou, les ressources humaines bénévoles bénéficient enfin de méthodes de gestion fondées sur la performance, la segmentation des activités permet de parier sur plusieurs modes de financement.
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